Faut-il des données propres avant de mettre de l’IA ?
C’est l’objection la plus fréquente en rendez-vous, et souvent la première : « nos référentiels ne sont pas à jour, nos données sont sales, on n’est pas prêts ». Elle est légitime. Elle mélange aussi deux catégories de données que l’IA traite de manière radicalement différente.
L’objection, telle qu’elle se formule
Derrière la formule, il y a un constat concret. Le même site apparaît sous trois orthographes. Les contrats sont dans un répertoire partagé, en PDF scannés. Les coordonnées de prestataires datent de deux exercices. Une partie de l’historique des interventions n’existe que dans des fils de mails.
L’équipe en conclut qu’il faut un chantier de reprise de données avant tout projet d’automatisation. Ce chantier est estimé à plusieurs mois, il n’a pas de sponsor, et il repousse le sujet indéfiniment.
Le raisonnement serait exact avec un outil classique, qui exige des champs normalisés pour fonctionner. Il l’est beaucoup moins avec un système qui travaille sur du langage.
Ce que l’IA absorbe sans nettoyage préalable
Une part importante de ce que les équipes appellent « données sales » relève en réalité du désordre de surface. C’est précisément ce qu’un modèle de langage sait traiter.
Ce qu’aucun modèle ne peut deviner
L’autre catégorie est différente de nature. Il ne s’agit pas de données mal rangées, mais d’informations qui n’existent nulle part sous forme exploitable.
Ces quatre points forment un périmètre restreint, documentable en quelques jours de travail avec les équipes. C’est sans commune mesure avec une reprise de référentiel.
L’ordre de mise en œuvre qui fonctionne
Sur les déploiements que nous menons, la séquence est stable.
Le référentiel se constitue alors comme produit de l’exploitation, à partir de demandes réelles, et non comme livrable d’un projet parallèle qui vieillit avant d’être terminé.
Le nettoyage comme effet, pas comme prérequis
Attendre des données propres pour lancer un projet d’IA revient à attendre d’avoir rangé pour commencer à travailler. Dans un portefeuille en exploitation, ce moment n’arrive pas.
Le seul prérequis réel tient en une phrase : savoir ce que vos contrats couvrent et qui valide quoi. Le reste se traite en marchant.
Trente minutes sur vos propres flux, sans installation.
